Gueule de truie – Justine Niogret

Après l’Apocalypse, Gueule de truie est un tueur inquisiteur au nom de Dieu, dressé par une organisation depuis son enfance pour exterminer la vermine humaine. Son masque à gaz et sa combinaison de cuir l’isolent de l’environnement dévasté. Il rencontre une jeune fille qui vit dans les ruines infestées et la nature hostile en transportant une boite en fer.
La narration est rude, remplie de violence et de déliquescence avec une noirceur et une intensité psychologique extrêmes. Leur quête se découvre et s’impose suivant les épreuves qui se présentent dans ce monde insensé et inexprimable. La mort et le silence sont palpables, épais à mâcher, qui révèlent et menacent de noyer la révolte intérieure. Au cœur du roman se trouve l’enfance détruite et la difficulté de s’adapter à un monde qui semble renaitre, par une ordalie qui montre ce qui a disparu avant d’exister, oxymore ontologique. C’est l’illustration de ce qu’un environnement barbare peut faire d’un enfant et le fardeau qui pèse, la peur et la haine, au travers d’un symbolisme âpre, la solitude et la douleur d’un être qui ne connait que la cruauté.

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