
Dans Rêves captifs, une femme raconte ses quatre mois de captivité dans un placard et son évasion, entre rêve et réalité, un pont onirique et une ligne de fuite, une projection astrale sensible ou l’échappatoire désespéré face au traumatisme. Que devient la réalité face à la souffrance ?
Dans L’heure en plus, une mère de famille rêve d’être écrivaine, entend une sonnerie d’horloge puis franchit une porte sortie de nulle part pour trouver l’inspiration dans un bureau en dehors du temps, bulle en dehors de la vie quotidienne qui provoque un déchirement, un dédoublement inconfortable.
Dans Le remède, deux femmes élèvent un enfant qui ne parle pas et entre elles le langage devient une frontière infranchissable, un obstacle à la compréhension et une séparation dénuée de sens au milieu de sentiments indomptés.
Dans Ma pathologie, une femme enceinte finit par consulter et les médecins découvrent, en lieu et place d’un bébé, une grosse tumeur, la pierre philosophale aux yeux de son concubin. La fragilité psychique et la dépendance affective débouchent sur des illusions et une manipulation, une emprise masculine à la saveur sectaire.
Dans Mezzo-Tinto, une femme ayant emménagé depuis plusieurs mois chez son petit ami découvre la gravure d’une maison qu’elle n’avait jamais remarquée dans son bureau. Le triptyque composé par la gravure d’une maison hantée, la maison hantée et l’homme possédé fonctionne comme des niveaux de réalité emboités pour se renfermer.
Dans La fiancée du dragon, une jeune femme emmène son nouveau petit ami en Angleterre sur les traces de son amnésie hantée par un dragon lors de son précédent séjour chez sa tante qui vient de se suicider. Cette quête d’identité se transforme en conte de fées onirique et oppressant, d’une voracité implacable.
Ce recueil est traversé par une sensibilité sauvage, une ambiance étrange, une réalité fluctuante au gré des angoisses, des ombres de l’enfance et des engrenages mortifères, installant un état d’âme propice aux doutes et à la crainte d’une malédiction.