Les montagnes du soleil – Christian Léourier

Après un cataclysme les hommes ont fui la Terre pour s’installer sur Mars. D’un côté il subsiste des Terriens, les régressés à la technologie antédiluvienne dans une société primaire et tribale, de l’autre côté la recolonisation de la Terre par les Martiens est en route par l’arrivée de spécialistes en sciences humaines comme Léna, jeune socioethnologue. Dans sa tribu, installée dans une vallée, Cal est un chasseur qui veut faire tomber le tabou frappant les terres au-delà des montagnes. Il rencontre An-Yang, chasseur paria d’une autre tribu, d’une autre vallée, qui souhaite échapper à sa condition peu enviable.
Cette dichotomie entre les Martiens évolués et les Terriens régressés permet d’allier science fiction et fantasy, un mélange scientifiquement étayé d’ethnologie et d’évolution de l’espèce, un voyage vers la survie et l’avenir de l’humanité. Le roman rejoue en l’étudiant la rencontre de l’homo sapiens avec l’homme de Néandertal en se questionnant sur la nature et la culture, et en tant qu’hymne aux précurseurs, montre l’importance des initiatives individuelles dans l’évolution de l’espèce, une expérience scientifique dans un bocal, belle parenthèse vouée à l’échec sans la compréhension de la différence. A l’arrivée, l’homme porte en lui l’aveuglement et la destruction. L’idéal de la science est de décrire ce qui réside au-delà du conditionnement, des conceptions étriquées et de l’ethnocentrisme. C’est aussi un bac à sable politique parcouru de vagues sociologiques et philosophiques avec toutes les implications éthiques.

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