
Dans la galaxie les Compagnies ont privatisé les voyages spatiaux, après les ressources naturelles, et les pilotes se rebellent contre cette restriction des libertés, négation de l’esprit des pionniers. Sur Ankou, les grévistes sont massacrés. Dan, jeune serveuse dans un bouge assistant à la scène, se faufile ensuite dans la navette prête à décoller de Mary, ancienne pilote mystérieuse, pour se soustraire à l’attention des autorités.
Ce space opera énergique se base sur la relation entre les deux personnages principaux, une ancienne pirate à la mémoire embrouillée, obnubilée par son ex-mentor disparue et qui se reconnait dans la jeune femme sous sa protection. Le récit repose sur une fantasy de groupe, une entraide, et sur une science fiction technologique, l’exobiologie bouillonnante et un univers assombri par le totalitarisme, avec en fond l’image sauvage de l’inconnu, de la découverte et de la nature immaitrisable. Le questionnement est d’abord sur la cybernétique, l’alliance de la chair avec le métal et le plastique, son acceptation, son incidence sur l’être humain. Estelle Faye aborde aussi la musique et les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle avec un ton poétique et un esprit rafraichissant. Derrière ce voyage mouvementé se joue la question de l’humanité et du destin, de l’oubli, de la mort et de la perte mais aussi de l’amour intemporel.