La planète des dinosaures – Stephen Leigh

Après des aventures mouvementées dans Le cri du tyrannosaure, Aaron est de retour chez son grand-père, apprend que ses amis ne sont pas rentrés, que douze ans ont passé depuis son départ et que ses parents sont morts. Green Town a beaucoup changé, la ville a régressé technologiquement, des orages temporels sévissent alentours depuis leur voyage préhistorique. Bien qu’elle soit toujours otage dans le mésozoïque, Jennifer s’intéresse toujours autant à la culture des dinosaures intelligents. Les changements opèrent aussi dans la jungle sous la forme de perturbations spatiotemporelles qu’ils appellent Tempêtes de Rêves.
Les personnalités sont caricaturales, la fille intelligente et prude, le garçon timide et idéaliste, l’ami rebelle et jaloux, les adultes inconséquents, l’ennemie qui devient proche et la vieille sage et aveugle. Les ressorts psychologiques sont juvéniles, c’est un roman d’aventure avec un fond sentimentaliste rudimentaire qui a le mérite d’aborder l’anthropomorphisme, la relativité et la physique quantique par le glissement du voyage dans le temps et l’accès aux univers parallèles. C’est aussi une science fiction d’action avec des scènes bien sanglantes qui contrastent au milieu des trouvailles surréalistes comme sorties d’un conte avec un sens du ridicule assez enfantin. La structure de la narration est plutôt solide mais d’une variété pléthorique entre aventure temporelle adolescente, fantasy ethnologique réussie, action sanglante et sentimentalisme simpliste, un pot-pourri introductif à la science fiction qui se révèle être un barnum vertigineux.
A la fin du livre, Un coup de tonnerre, la nouvelle de Ray Bradbury à la base des deux romans de Stephen Leigh est présente, ce qui permet de mieux comprendre la démarche, retenant plus le côté safari que l’aspect politique de l’original. La fin de l’histoire de ce diptyque n’en est pas une, de façon abrupte Stephen Leigh décide de laisser la situation des personnages en suspens, ultime bizarrerie incompréhensible.

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