
En 1118 Hugues de Payn rencontre, alors qu’il chasse, un extra-terrestre tombé en panne sur Terre qui a l’apparence tout à fait démoniaque aux yeux d’un humain. Le Baphomet lui propose tout de suite de l’aider à conquérir le monde, ce que Hugues accepte afin de répandre la foi chrétienne ici-bas et occuper la Terre Sainte, toujours au nom de Dieu. En 1275 Guillaume de Beaujeu, continuateur de ce pacte, lance une croisade à partir de Saint-Jean-d’Acre.
Ce court roman est dans la veine uchronique, revisitant l’histoire des Templiers, donnant une explication à leur or et aux feux grégeois surpuissants, cadeaux du Baphomet. Et c’est avec des grenades atomiques qu’ils écrasent les Égyptiens, les Mamelouks et les Mongols. Ce fond technologique et la situation dans son ensemble contrastant avec l’usage du vieux français et les implications philosophiques, d’une Terre ronde jusqu’à la vie avérée sur d’autres planètes. Avec la religion comme alibi à l’égocentrisme Pierre Barbet manie l’ironie et le décalage humoristique qui repose sur une forme de ridicule et d’exubérance pour montrer la vacuité du manichéisme. La drôlerie du livre rattrape bien son manque d’ampleur et de complexité.