Résurgences – Ayerdhal

Un sniper surentrainé, persuadé d’avoir abattu la tueuse transparente, insaisissable, mais elle se réveille au secret, paralysée et amnésique. Stephen, par son implication passée, est approché par Caher, un ambitieux de la DST. La tueuse fantôme est toujours aussi présente, comme une mélodie générique persistante, un écho infini, un reflet distant.
Ce polar, avec un fond géopolitique et des préoccupations sentimentales, est sombre avec des fulgurances plus lumineuses et poétiques. Retrouver les personnages est un plaisir qui solidifie le diptyque. La chasse au sniper surdoué ravive l’historique des activités clandestines menées par les différentes agences et officines. Comme dans le premier tome l’histoire repose sur la psychologie, le mystère, l’enquête un peu cyber, une existence très incertaine. Le thème, en transparence, reste focalisé sur la confrontation entre le cynisme des puissants qui gonflent les conflits armés dans le monde et le destin des enfants martyrs, la déshumanisation expérimentale qui génère des monstres, le machiavélisme irresponsable de la Guerre Froide des années 90. L’immersion dans l’univers des tueurs à gages et du renseignement oscille entre la vitalité de l’action et des moments de recul profonds, lucides et d’une tristesse poétique.

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