
Dans le système Ulubis, Fassin Taak fait partie des Voyants qui étudient la mémoire des Habitants, espèce aussi ancienne que la galaxie. L’univers est organisé dans une coopération des espèces mais des rebelles menés par l’Archimandrite Luseferous attaquent des systèmes isolés par le sabotage des portails qui ouvrent sur un réseau de trous de ver.
Dans un space opera d’ampleur, Fassin est en quête d’un secret qui peut tout changer parmi les Habitants, êtres fantasques vivant en milieu gazeux. L’humour et la créativité contribuent à l’exotisme scientifique en biologie, physique et chimie. Ce monde probable, rigide et incertain, repose sur le rapport au temps et sur les déplacements dans un contexte d’une richesse infinie et d’une inertie cocasse. La diversité crédible des formes de vie et les personnalités gratinées donnent à cette quête jalonnée d’étapes la forme d’un conte joyeux, d’aventures rocambolesques, d’un voyage initiatique vers une révélation. La qualité des projections scientifiques rend ce côté presque enfantin plus rationnel en expliquant la magie de l’univers. La place centrale du temps dans le récit est enrichie par des ellipses, des simultanéités relatives, divers degrés d’intensité de vie et de vitesse de locomotion. Ce récit est relativiste, Iain M. Banks joue dans un aquarium, déroule un théâtre en dimensions qui contient un doute sur la réalité et une méfiance envers l’intelligence artificielle, exprimant un point de vue philosophique sur des êtres qui s’agitent à la recherche du secret de la nature.