Le masque vide – Philip José Farmer

Ramstan, avec son équipage, s’enfuit après avoir volé la glyfa, déesse sous la forme d’un œuf contenant un microcosme, dans un temple de la planète Kalafala. Pisté par les Tenolts spoliés, il est sur les traces d’une légende extraterrestre, le bolg, destructeur de mondes.
Le anti-héros se lance dans une quête initiatique à l’échelle de l’univers, de la divinité et de l’immortalité, dans un space opéra magnifiquement construit et monstrueusement créatif, d’une grande maitrise pour un écrivain à ses débuts. D’une moralité douteuse et tiraillé par son ancienne foi musulmane, Ramstan est paranoïaque, il veut se persuader que la glyfa le manipule depuis le départ, il a un côté pathétique dans ce maelström de prédestination, d’action nerveuse et des rebondissements cruciaux. Bien que centré sur l’aventure, avec des détails sur les environnements et l’exobiologie, ce roman apporte beaucoup de profondeur au genre, une réflexion sur l’infirmité de l’esprit humain face au cosmos et son potentiel à être manipulé, la peur de l’inconnu. Cette réflexion sur les révélations mystiques monothéistes et l’égocentrisme apporte de l’intensité physique, de l’éthique et une tension nerveuse au récit qui se teinte de philosophie et de théologie dans des visions astrophysiques. L’histoire a un côté épique et antique avec les thèmes de l’illusion et de la communication divine mais aussi le mysticisme structuré de la multiplicité des mondes et la structure fractale des univers. Proche d’un délire psychique, une sorte de mélange entre Dick/Zelazny et Lovecraft, ce livre dégage une grande puissance et façonne des images d’une ampleur angoissante, d’un malaise cosmique et d’une insignifiance humaine ironique.

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