
Marion, comme tous les ans, est envoyée par sa mère Marie-Claude chez sa grand-mère Yoëlle dans une petite bourgade bretonne bercée par les légendes de sombre magie mêlées au contexte historique mouvementé. Secondée par Sacha, un gamin manquant d’assurance et compagnon de jeu à l’imagination fertile, Marion aimerait comprendre le meurtre de son grand-père poignardé dans une pièce fermée de l’intérieur et la persistance de l’histoire atavique d’un monstre se réveillant pour dévorer une partie des habitants de Bregannog, village de larcineurs dont descend sa famille.
Marion entre tout juste dans l’adolescence et le récit en fait l’écho avec des thèmes comme l’hérédité et l’histoire familiale, l’attraction et la répulsion du surnaturel, la remise en cause du monde des adultes. Forcément la narration est enfantine, le côté fantastique est léger mais il reste cette relation bizarre de l’héroïne avec sa mère, comme dans un conte sur l’identité et ses origines qui bascule dans une aventure de la petite enquêtrice. Dans certains détails on sent une nostalgie de l’auteur pour les années 60. Il a su passer outre sa tendance à l’outrance, tout en déployant son imaginaire fertile avec la mise en scène de superstitions et de croyances surnaturelles, pour composer une histoire agréable qui convient au grand public, jeune de préférence.