Les rives du crépuscule – Michael Moorcock

Des extra-terrestres ont stoppé la rotation de la Terre sur elle-même, créant une séparation entre une partie toujours ensoleillée et l’autre plongée dans l’obscurité. L’humanité est aussi devenue stérile, ajoutant à l’insignifiance de l’espèce la peur de la disparition programmée. Le désespoir ambiant génère une fête sans fin, une angoisse superstitieuse, un hédonisme fainéant et un rationalisme qui mène au renoncement. Clovis Marca est le dernier né des hommes, à la recherche d’Orlando Sharvis, grand scientifique disparu sans laisser de trace en fondant une colonie sur Titan. Une secte terroriste et misanthrope sévit, occasionnant la formation d’une milice politiquement structurée et dirigée par Andros Almer, despote frustré.
Par une science fiction philosophique, Michael Moorcock peint une fresque politique représentative de la société humaine et de son histoire dominée par Orlando Sharvis qui se révèle être un dieu, Andros Almer qui se proclame dirigeant providentiel, Clovis Marca qui dans son égocentrisme ne désire que l’immortalité et Fastina Cahmin qui, seul personnage féminin, n’est qu’un objet de convoitise et finalement une génitrice potentielle. Toutes ces figures président au destin de l’espèce dans un théâtre du pouvoir aux proportions mythologiques, dans une ambiance empruntant les codes de la fantasy et du planet opéra pourvue d’un humour grinçant tout droit sorti d’un mythe antique, entre Lune creuse et compensation des bienfaits par des supplices (la consanguinité), pour discréditer le totalitarisme. Les destins personnels n’ont pas de sens pour l’univers.

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