
L’humanité est affectée par un rétrovirus, l’alcool est le seul médicament et arrêter de boire mène à un état de mort vivant. Antonin a une famille bien soignée à la beuverie mais il préfère rejoindre des potes pour prendre des drogues synthétiques, parler musique et boire parce que c’est obligatoire. Comme c’est le jour de son anniversaire, 42, un pirate informatique, invite Orlando, un nouvel ami qui se révèle être un loup garou, accident génétique dû au rétrovirus. Il invite la bande chez lui et offre à Antonin une vieille Buick. Étant fans de Led Zeppelin, l’autoradio contient les meilleurs concerts du groupe. Lire une piste les envoie à l’époque devant la salle mais la réalité est différente.
On sent tout de suite la nostalgie amusée de l’adolescence dans cette science fiction d’action et d’aventure temporelle, errance uchronique, avec un divertissement dans le récit similaire aux textes de Roland C. Wagner. L’ambiance sexe, drogue et rock n’ roll n’est pas envahissante, pas besoin d’être expert en musique pour s’y retrouver et les références historiques sont intéressantes. Joël Houssin ne se gêne pas pour critiquer la société, épinglant avec joie la télévision de la fin des années 80 et le niveau général de culture, montrant que si le présent est minable, le futur sera bien pire, une épidémie peut tout changer. L’action est presque constante, l’effet de bande d’amis fonctionne bien grâce à des personnages allumés et pressés dans une alliance de la science fiction imaginative et du polar rythmé, d’une pincée de trash, un soupçon de fantasy et une bonne dose de cyberpunk à la fin.