
Markaan, un pêcheur de retour chez lui, voit son ile disparaitre, ravie par une brume mystérieuse. Il parvient à s’échapper et s’échoue dans un archipel paradisiaque, véritable utopie qui fait penser à la Grèce Antique fantasmée. Darys et Ele’a sont liés par un amour absolu jusqu’à la mort inexpliquée de ce premier. Convoitée par Ykhare, seigneur riche et puissant d’une contrée lointaine, pour sa beauté et ses talents de danseuse. Désespérée et en proie aux doutes, Ele’a décide finalement de découvrir cette civilisation étrange et évoluée. Elle passe d’une société à l’état de nature, animiste, magique et candide, portée par le positivisme, à un monde industriel et commercial, individualiste et démesuré. Elle est dans une tension permanente, doutant du sens de la vie, des intentions et de ses émotions.
C’est avant tout une histoire d’amours impossibles centrée sur la mort et la captivité, la solitude et l’inconnu, un récit de voyages aux périls insidieux. Les aventures d’Ele’a sont racontées sous la forme d’une fantasy bac à sable d’aventure ethnologique avec un intérêt flagrant pour la faune et la flore et une découverte de la violence naturelle ou civilisationnelle, absente de sa contrée d’origine. Tout cela ressemble à une transposition des problématiques de la colonisation, l’héroïne étant confrontée à d’autres systèmes de pensée et des structures sociales très différentes. C’est un roman d’apprentissage à la poésie onirique, une odyssée dans le monde des humains, un conte cruel comme la perte de la candeur et une transformation personnelle lancinante telle un destin. Des thèmes puissants sont finalement développés ; le rôle de démiurge, le théâtre des réalités, la création artistique, la résistance violente et le fond agressif de l’humain, les questions sur l’intelligence artificielle.