
Stephen est un psychologue criminologue chargé par Interpol d’enquêter sur l’histoire à demi effacée et les prétendus agissements d’une tueuse surdouée, impitoyable et insaisissable. Aidé par la fille d’une confrère qui a suivi la jeune meurtrière et un SDF qui connait la transparence d’une vie. Stephen et ses collègues doivent prouver son existence ou au moins trouver des traces de son passé. Elle est l’arme parfaite, qui coule dans la foule et pique dans une danse mortelle, son image est floue et les témoignages la concernant sont contradictoires ou inexistants. Une longue traque commence pour approcher la tueuse en série globe-trotteuse, perturbée par les collaborations internationales, les cachotteries et les manipulations. L’idée de la présence transparente est poétique dans une métaphysique de la rareté, de la beauté furtive, de l’absence obsédante et de l’impermanence omniprésente. Rencontrer cette tueuse et s’en souvenir est un privilège.
Ce polar sombre est une crise psychologique, le héros est dans une remise en question de son métier, de son équilibre, une lutte contre la paranoïa et l’angoisse. Sur fond d’espionnage et de méthodologie psychologique occasionnant de longs passages informels, les rares moments d’action sont un vent d’air frais à la chorégraphie millimétrée et implacable. Les références affichées vont de Roland C. Wagner à Sun Tzu en passant par Jean-Jacques Goldman sur un fond scientifique et philosophique très solide.