
Le Docteur Goodwin est le témoin d’étranges disparitions de personnes conduites sur une route argentée jusqu’à la Lune. Sur une petite ile volcanique du Pacifique, un portail s’ouvre lorsqu’il est frappé par l’éclat de la pleine lune et une entité de lumière en sort. Une expédition pénètre dans ces étranges souterrains. Au début, c’est une histoire d’angoisse, une horreur cosmique poétique et synesthésique du début du 20e siècle au Royaume-Uni, très porté sur la science et les troubles psychiques extrêmes des protagonistes confrontés à l’indicible. Les descriptions sont très détaillées avec une prédilection pour l’archéologie et la mythologie. Ensuite, c’est une fantasy de type souterrain, même si l’espace n’est pas vraiment clos, avec une dimension de quête onirique, de cheminement symbolique. Le texte fait aussi partie de la fantasy ethnologique, cet univers est régi sous la forme d’une dictature religieuse et sa nature est totalement contrastée et paradoxale, les dichotomies sont abolies entre le bien et le mal, la félicité et l’angoisse, mais Abraham Merritt a tendance à prendre le christianisme comme référence de comparaison.
Il y a un style, une narration, on pourrait dire une patine, qu’on retrouve chez Robert E. Howard et H.P. Lovecraft, fourmillant de détails qu’on retrouve chez ce dernier dans toute son œuvre. Mais étant centré sur l’aventure le récit est bavard dans la dernière partie, avec l’apparition de l’amour mélangeant croyance et science, superstition et magie dans un hommage à la littérature du 19e siècle.