La nuit du Sagittaire – Pierre Pelot

La société d’un fonctionnement assez spécial trouve une prétendue stabilité en organisant une chasse nationale aux citoyens indésirables, organisée conjointement par le gouvernement et une entité commerciale affiliée, sous la forme d’un jeu du cirque télévisé. Cet évènement est très structuré et on suit les protagonistes à tous les niveaux de cette organisation, où tous les rôles sont distribués ; la caste des chasseurs, les stratèges et les citoyens délateurs qui les aiguillent associés par équipe, l’armée et la police garantes du bon déroulement et bien sûr le présentateur du programme. Et la machine vas s’enrayer lorsqu’une jeune étudiante discrète décide de se rebeller et tue un chasseur qui ne lui voulait pas de mal.
Cette anticipation socio-politique s’inscrit dans une tradition d’action et le style de Pierre Pelot avec cette urgence et cette fuite pour la survie donne son intensité au texte. Il développe à la fois la réalité mise en doute et la vision dystopique d’une société rappelant le régime de Vichy avec la délation et l’élimination, la participation forcée et l’exemplarité sur des critères aberrants. Le rôle des artistes est discuté dans cette nécessité de résistance, propagation de la révolte en face d’une religion des médias, flirtant toujours avec la folie. Avec cette réflexion gigogne du message de la littérature d’anticipation suggère ce que fait Alain Damasio d’une façon moderne dans cette libération d’un média omniprésent, la télévision en 1990. La société n’a pas changé, la liberté cherchée par l’égoïsme et le conditionnement socio-culturel font que l’homme ne mérite pas le bonheur.

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