Simulacron 3 – Daniel F. Galouye

[09/12/24] Après la mort accidentelle mais suspecte de Hannon Fuller, inventeur d’une simulation sociologique permettant d’effectuer facilement des enquêtes d’opinion, son assistant Douglas Hall lui succède. A une soirée chez Horace Siskin, l’investisseur du projet qui souhaite s’en servir à des fins politiques, le chef de la sécurité Morton Lynch disparait subitement sous les yeux de Douglas Hall.
Dans cette science fiction teintée de polar et aux thématiques cyberpunk, Daniel F. Galouye insiste sur le côté psychologique au travers du vertige paranoïaque de son protagoniste piégé dans un doute hyperbolique à propos de la réalité, de la probabilité d’une chaine gigogne à la causalité cosmogonique. Cette enquête est aussi une quête personnelle au milieu d’illusions, un exercice mental qui passe au crible de la raison la véracité du monde derrière les perceptions, la relation brouillée entre microcosme et macrocosme, Créateur et créature, luttant contre la vacuité d’un cogito ergo sum simulé et l’insignifiance de l’humain conditionné. Le récit est intense, sans temps mort, Daniel F. Galouye atteint un haut niveau de divertissement rythmé grâce à la forme policière, gommant les petits défauts des deux précédents romans pour atteindre cet équilibre entre vivacité de l’aventure et densité psychologique sur un fond de science fiction d’expérimentation, un puits de réflexion sur la nature de la réalité. La dimension socio-politique de l’histoire s’intègre aux enjeux métaphysiques pour former une vision à la fois signifiante et incertaine, aboutissant de toute façon à la société de contrôle et ses conséquences mentales.

[27/09/22] L’inventeur d’un système de simulation du comportement humain est mort, Hal son assistant prend sa suite pour finaliser le projet, poussé par l’associé financeur pressé. Il doit découvrir jusqu’où ses recherches ont mené son mentor, mais la réalité semble manipulée, des personnes et des objets disparaissent, la paranoïa s’insinue surement. Simulacron 3 est conçu pour simuler des enquêtes d’opinion mais entre les mains d’un puissant magnat il pourrait être très utile pour étendre son influence.
L’ambiance polar cyberpunk, à rapprocher de Philip K. Dick, est très psychologique avec doutes perceptifs et menace constante de manipulation de la réalité. Le microcosme et le macrocosme communiquent et les possibilités d’univers parallèles sont fractalement infinies, comme dans Passé virtuel de Josef Rusnak. L’histoire est très bien structurée et il n’y a pas de difficulté pour suivre cette trame a priori complexe. C’est un vrai manuel de survie dans un simulateur de vie sociale, comme dans Le chant des I.A au fond des réseaux de Jean-Marc Ligny, dont la teneur paranoïaque atteint des records. Hal comprend bien la fragilité de la réalité et lutte contre le découragement face à l’illusion, au milieu des questions sur l’identité et la possible futilité de l’existence du monde, sans oublier la folie du pouvoir et la fragilité de la vie dans sa simplicité.

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