
Violante est une prostituée amnésique à Paris à la fin du 19e siècle, enchâssée et proposée à la haute société dans une maison de passe. Alors que des enfants et des travailleuses de la rue sont massacrés, elle tente de suivre la piste de ses origines malgré le danger. La société est très inégalitaire, violente, et le contexte de civilisation est ostensiblement steampunk avec colonisation de la Lune, prothèses mécaniques, zeppelin et lunettes d’aviateur. Violante veut à la fois venger le meurtre sauvage sur le trottoir de sa seule amie et retrouver la mémoire pour se libérer de sa condition d’esclave. Et il y a aussi cette drogue terriblement addictive, la rouille, qui fait revivre les souvenirs…
L’histoire de ce polar est linéaire, dans laquelle se débat une héroïne attachante par sa fragilité, entourée de violence et cherchant un passé chaleureux. Le côté steampunk est prégnant par la mode vestimentaire et la technologie dans une ambiance sombre à la 1900, sexe, drogue et meurtres pour un message socio-politique assez simple de libération du peuple face à la caste dominante, ce qui est cohérent. Subtil et agréablement suranné, le livre évite l’écueil de la littérature jeunesse de peu, grâce à une certaine noirceur en plus d’une action hargneuse. La référence à Dr Jekyll et Mr Hyde amène un éclairage scientifique à l’uchronie et une personnification de la décadence.