Nouvelles de poche – Jean-Pierre Andrevon

[08/09/22] Ces récits minuscules portent bien leur appellation, ils sont formés d’une ou deux phrases. Ils sont de différentes sortes, situation simpliste pour un jeu de mots plus ou moins inspirant ou une idée de non-sens poétique, ils s’adressent à la sensibilité et la créativité de chacun. Ce que Jean-Pierre Andrevon pose là peut donner naissance à un chapitre avec un enchainement cocasse plutôt qu’à une nouvelle ambitieuse. Les courtes blagues se suivent et se basent souvent sur la projection du macrocosme sur le microcosme, l’humanisation des objets ou animaux, et l’inverse, la religion par l’absurde.
La démarche de proposer un carnet de notes est louable mais tout dépend de la réceptivité de chacun, reposant sur des mécanismes imaginatifs divers et c’est comme une idée qui est catapultée dont la trajectoire dépend de notre créativité titillée ou pas. Cette extrême concision implique une précision dans le choix des mots et c’est un exercice délicat, une histoire doit exploser à partir de quelques mots. C’est une production spontanée entre Charlie Hebdo, la Cacopédie et Philippe Curval.

[30/06/25] La plupart des entrées sont navrantes, cherchant un humour surréaliste qui tombe à plat ou tentant d’opérer une ouverture qui reste flou et tellement succincte. Ce sont surtout des structures de pensée qui se répètent en changeant les noms et le contexte. Le tri dans le texte, pour séparer les bribes interchangeables de l’idée qui donne forme à l’histoire, peut être soit fastidieux soit aventureux. Toutes les obsessions de l’auteur sont présentes dont l’expression imprime une intimité et dans cette fulgurante sincérité il expose ses choix et entérine son paysage mental. Le contenu est souvent sexuel (sodomie et épilation) et même masturbatoire, rejoignant absolument l’approche directe, polissonne et exaltée de Tout à la main dans un exercice très différent, plus abstrait dans l’imagination. Bien sûr, Jean-Pierre Andrevon retourne la religion dans la dérision et sa logique délirante. Les changements d’échelle sont pléthore, la guerre est miniaturisée ou en tout cas désamorcée en isolant le théâtre circonscrit du conflit pour dénoncer dans un glissement de nature l’impact sur l’environnement. Pour être un tant soit peu transporté il faut être très ouvert à la frénésie surréaliste, similaire à la nouvelle Exzone Z dans Banlieues rouges et Le travail du Furet (ActuSF) rééditée sous le nom de Et chez vous comment ça va ? dans Manuscrit d’un roman de SF trouvé dans une poubelle, dans une ambiance de bingo de kermesse quantique. Les humains, les animaux et les objets inanimés s’échangent des caractéristiques dans un renversement des valeurs et un brouillage des modalités d’existence.

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