Le troqueur d’âmes – Roger Zelazny – Alfred Bester

Alf est journaliste, chargé de faire un reportage sur une boutique dans laquelle Adam le prêteur sur gage propose de vous modifier en échangeant ce que vous êtes contre ce que vous n’êtes pas. Cela déchaine la passion des hommes et voici Alf en immersion face à d’illustres clients de tous les lieux et de toutes les époques. Le Comte Cagliostro désire composer un être aux caractéristiques exceptionnelles et passe donc commande de cet assemblage qu’Alf, Adam et Gloria son assistante doivent constituer en recherchant chacune des parties.
Il y a un trou noir au fond de la boutique et la réalité a tendance à s’aplatir et à se concentrer. L’humour et la bonne humeur dans cette action inépuisable aux situations folles ne cachent pas les problèmes de science physique, une paranoïa métaphysique entre clonage et univers multiples. La créativité est débraillée, multiforme, dans une sorte de cyberpunk magique mêlant technologie, physique, chimie et biologie. La vie est un théâtre, et Adam en deus ex machina guide les espèces et les individus dans une farandole de contre-temps, ce qui étire l’enjeu polar avec un comique surréaliste et foisonnant. Ce livre commencé par Alfred Bester et continué après sa mort par Roger Zelazny démontre l’explosivité de la rencontre entre ces deux créativités qui ne manquent pas de souffle. Ce qui aboutit à un final presque mythologique et ses révélations confrontant les puissances créatrices et destructrices.

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