
Dans son introduction Stephen King dit avoir retrouvé l’art de la nouvelle avec ce recueil après avoir enchainé tant de longs romans. Dans Willa, on retrouve l’Amérique profonde, la poussière, le vieux rock dans une bourgade isolée, et une métaphore du désir de vivre et de la liberté intemporels. Dans La fille pain d’épice, une femme fait des choix et doit se confronter au deuil dans une lutte pour la survie.
Toutes les nouvelles sont traversées par la vie et la mort, avec des préoccupations temporelles omniprésentes, des réalités psychologiques difficiles et l’importante image du cheminement, des réflexions sur la création artistique et les prouesses de l’esprit en général. L’approche des thèmes est profondément psychologique, se fondant sur la perception, la conscience et la communication difficile, en une ambiance pleine d’images et de sensations. Stephen King est un raconteur, il file ses histoires et cabotine. La référence à Le Grand Dieu Pan d’Arthur Machen revient toujours et exprime très bien le fond de son imaginaire avec cette réalité comme une draperie, projection de l’esprit humain qui camoufle un monde intrinsèque et étranger que seule une conscience en état limite peut embrasser. Comme dans la nouvelle N., bel hommage à Lovecraft avec l’idée que le Mythe des Dieux Anciens est comme un rhume. Stephen King présente des histoires sombres, des évènements traumatisants, des peurs à surmonter et une nostalgie entêtante.