Une femme sans histoires – Christopher Priest

Le dernier livre d’Alice a été saisi sans raison invoquée par le gouvernement britannique. Sa voisine d’un certain âge, seule personne avec laquelle elle a tissé des liens, est trouvée assassinée. Elle rencontre alors son fils, un peu étrange, et découvre qu’elle ne connaissait pas le passé de son amie, son militantisme politique et un sujet qui s’impose pour faire suite à son livre censuré. Alice est très seule, depuis son divorce et après l’accident nucléaire civil qui a poussé à l’exil la plupart des habitants de la région où elle a acheté sa maison.
L’ambiance est presque décousue, oppressante ou mystérieuse, découlant des personnages atypiques, psychologiquement marqués, au centre d’un contexte secret et déstabilisant par de nombreuses ellipses et mises en abyme. Cette dystopie écologique se focalise sur l’incapacité pour les deux principaux protagonistes à vivre en société, trimballant des personnalités post-traumatiques, leur besoin de grandeur ou de puissance qui mène à la solitude et à l’illusion. Le récit est perturbant, et sa structure y contribue, instillant le doute en permanence et faisant surgir des bouleversements avec nonchalance. Cette histoire est subtile, totalement paranoïaque, jouant avec les manipulations et les fantasmes, avec un message politique fort, comme un mélange de Philip K. Dick et Stephen King.

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