Un monde d’azur – Jack Vance

La descendance d’un peuple venu des étoiles fait perdurer la société de castes qui leur a été transmise. Étant installés sur un groupe d’ilots, ils vivent sous la protection d’un monstre marin, le Roi Kragen, en échange de nourriture. Cette situation ne plait pas à Sklar Hast, homme caractériel et intempérant, qui accepte d’être bouc émissaire pour renverser ce système apathique et humiliant.
Les descriptions sont détaillées, de l’archipel, sa topologie et ses activités, du fonctionnement socio-politique en réaction à ce personnage roublard. La science fiction fantasy développée a un côté jeunesse, comme un conte écologiste ironique et libertaire, d’une moralité faussement naïve. C’est aussi une anticipation, d’une civilisation sans berceau ni mémoire, une fable où la science fait reculer l’obscurantisme, et Jack Vance joue avec la causalité et la responsabilité pour les désastres, avec des joutes verbales puériles, résultat d’un immobilisme stérile. La relation sentimentale entre Sklar et Méril Rohan, quoique prometteuse et bien installée, disparait d’un coup la moitié du livre, sorte de nouvelle rallongée pleine de spontanéité. Derrière un récit un peu enfantin apparaissent des questions sur l’espèce humaine, la transmission du savoir, l’égocentrisme et la justice inadaptée, l’usage de la violence, la liberté embrigadée, la vengeance ou le pardon désinvolte, pour résumer : la toxicité de l’homme dans une culture archaïque qui évolue.

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