Styx – Jean-Michel Calvez

Styx est un virus mortel, une maladie transmissible par la pensée, juste en ressentant de la compassion à proximité d’un infecté, seulement présente sur une planète éloignée, colonisée par l’OGRE, entreprise d’exploitation minière sans âme. Orfeu est un journaliste obsédé par la disparition volontaire de son amant, avant d’être contagieux. La présence des humains perturbe et corrompt l’écosystème, la planète étouffe par leur présence hautaine, ne s’intéressant pas du tout aux indigènes, les Lutins. Orfeu va plonger dans les bas-fonds pour enquêter après la découverte de son ancien compagnon massacré.
A la fois polar torturé et science fiction abstraite remplie d’émotions, l’histoire dénonce le rejet de la différence, l’intolérance, le complexe de supériorité des humains et surtout l’absence d’empathie. Orfeu devient un vigilante paranoïaque assoiffé de vengeance, entouré de souffrance, de haine et de mort. La situation commence à dégénérer dans la colonie entre les deux espèces si différentes et hétérogènes. Cette maladie, succédant au SIDA, a une résonance si intense qu’elle suscite une expression de la vie d’une précarité comme artistique. Tout tourne autour de l’amour et de la mort, mais aussi de l’art et de l’insensibilité dans cette plongée parmi une culture exotique et isolée. Le texte est riche dans la découverte mutuelle limite, polar noir très humaniste à la poésie violente.

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