
[11/04/25] Hell Tanner est forcé de participer à un convoi de Los Angeles à Boston, à travers le no man’s land qu’est devenu le pays, pour livrer un antidote à la peste.
Le décor est post-apocalyptique, la civilisation est en ruines, la catastrophe climatique est totale, la faune et la flore ont muté, plus de communications à longue distance et plus de déplacements aériens à cause des trombes de déchets, la tradition ancienne des coursiers réapparait dans l’effondrement de la société humaine. Le roman repose sur le voyage, ressort habituel de la fantasy, et se sert des personnages pour le rendre initiatique. Hell Tanner est un criminel, assassin et violeur, il songe à s’échapper pour recouvrer sa liberté mais se ravise et décide de sauver potentiellement la moitié de l’humanité et devenir un héros pour voir ce que ça fait, dans son amoralité il est le seul à dépasser son égocentrisme. Greg décide soudain d’abandonner la mission alors que son rôle consistait aussi à tuer Hell Tanner s’il essayait de fuir. Geoffrey Kanis est un biologiste devenu fou qui a sauvé sa peau en passant du côté des émeutiers lors du massacre dans les universités des scientifiques rendus responsables de la guerre. Tanner rencontre aussi des personnes qui l’aident de façon désintéressée comme la famille Potter ou Cornelia, il exprime le refus du déterminisme de la causalité, la nature se recompose, la substance se recombine et les descriptions de l’environnement deviennent cosmologiques, exprimant une forme de liberté qui transcende l’espèce humaine. Le choix du roman court convient à une action en mouvement qui rythme le périple éthique sur une table rase d’un bolide globule blanc qui traite un cœur malade, dans l’allégorie du passage à un nouveau monde, dans la brutalité de la transition.
[02/08/22] Hell Tanner est le dernier Hell’s Angels et un des meilleurs pilotes dans cet environnement post-apocalyptique. Il n’aime pas être coincé et encore moins par la police. En échange de l’immunité concernant ses crimes passés il doit traverser les États-Unis pour livrer des vaccins contre la peste. Cette situation initiale est un mécanisme pour mettre en scène un anti-héros, comme dans Mad Max de George Miller et New-York 1997 de John Carpenter, qui doit lutter contre les éléments après une guerre nucléaire, pluies de pierres, tornades monstrueuses et animaux mutants, et le temps de ce long voyage il a des moments pour réfléchir.
C’est un road-movie, western dystopique nerveux avec un personnage principal âpre et misanthrope, et il y a cette dimension mythologique à la flamboyance disproportionnée de charisme maudit et de destin impossible. Le côté fantasy est très développé avec en fond une réflexion sur la science, le progrès et l’humanité. Un côté enfantin apparait aussi avec cette quête initiatique et une petite exagération de l’action, cascades, dérapages et explosions. L’histoire est palpitante, avec son héros solitaire pas dénué de failles, dans une poésie désabusée de la terre et du ciel dévastés.