
Dans ce livre intime, profondément autobiographique dans sa relation à sa ville de naissance, David Calvo se rend à une grande convention geek et se fait happer par ce monstre urbain étouffant. Car c’est bien Los Angeles le personnage principal, son passé à l’ombre d’un rayonnement culturel à l’origine douteuse, son existence erratique à l’image d’une civilisation cruelle et mystérieuse.
Cette démarche journalistique fait penser à Hunter S. Thompson avec ses situations hallucinées, ses trajectoires angoissantes ancrées dans la structure discrète d’un piège familier. Son périple est d’une poésie très complexe, visuelle et cérébrale, surréaliste et métaphysique à la David Lynch. Avec son approche du mythe Disney, le texte exprime des pensées d’une pertinence implacable, dans un univers entropique et paranoïaque. C’est un trip sur l’identité et la liberté, sur l’appartenance et la domination, le contrôle et le lâcher-prise qui met en danger.