Messager des tempêtes lointaines – Pierre Pelot

[22/01/26] Marine fait partie de l’équipe de terrassement qui est tombée sur des vestiges datant de l’Histoire Interdite dans le sous-sol du site de travaux de Mos River Mount 3, bouclé par les militaires après une explosion inexpliquée.
Cette dystopie sociopolitique anticipe une situation mondiale dominée par une gouvernance d’après-guerre biochimique discriminant les descendants du camp rendu responsable de la catastrophe, population enfermée dans la classe inférieure des Pénitents sujets aux dérapages de la perception de la réalité. L’apparition surnaturelle de l’Étranger devant Marine sur le chantier correspond à un rêve qu’elle fait régulièrement et à la Légende prédisant l’arrivée d’un éclaireur sur la voie des Sauveurs qui apporteront paix et vérité. Un doute hyperbolique s’installe et contribue grandement à l’aspect de thriller autant du côté des manipulations éhontées du pouvoir pour écraser toute velléité d’insurrection que dans la fuite incrédule sur la route de Marine en compagnie d’une figure angélique et amnésique en danger, à la dimension mythique et religieuse. Le fonctionnement du Gouvernement de la Réalité Admise se base sur le mensonge et la lâcheté cynique que représentent les nombreux personnages de sa chaine hiérarchique et, au gré des révélations, l’illusion théologique héritée ne tient pas dans une origine technologique d’essaimage cosmique contrarié et, avec le temps confisqué, la ferveur religieuse apparait comme une simple extension fédératrice et décorative de la lutte pour une libération populaire dans une société injustement cloisonnée. L’histoire illustre le désenchantement tout au long d’un chemin mouvementé aux trajectoires enchevêtrées dans un obscurantisme atavique et les sursauts d’une science oubliée dans un matérialisme quantique, mêlant hypocrisie, prophétisme discrédité, rigidité civilisationnelle et fond science-fictif édulcoré qu’un brin d’espoir concret finalement sauve presque d’un naufrage pessimiste complet.

[02/08/22] Une grande partie de la population est discriminée et exploitée, définie comme les descendants des hommes responsables d’une guerre apocalyptique. Ils sont condamnés à l’aveuglement et à l’ignorance, en dehors des secrets sur l’histoire de l’humanité. Marine rencontre un étranger lors d’une explosion de lumière et tout cela lui rappelle la légende de l’arrivée du Sauveur, vestige incarné du temps des catastrophes, libérateur de l’asservissement. Il est amnésique mais la caste dominante ne laissera pas la vérité éclater et fera tout pour conserver le contrôle de la population.
Cette anticipation socio-politique sombre est basée sur une fuite et une poursuite, une libération violente, une mise en danger face à une réalité manipulable, une illusion menaçante. Le devoir culturel de mémoire permet de tirer des leçons de l’histoire, la révolte populaire est le fruit d’un système de manipulation des masses par des mensonges infantilisants, par des informations univoques, corrompues, et une méfiance galopante. Le style est nuancé avec une poésie contemplative et nostalgique, une action polar un peu graveleuse et acide, un flottement métaphysique et un séisme moral interrogeant la religion.

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