
David Bailey, génie en robotologie, est dévoré par la douleur depuis un accident de la route. Il décide de se transférer dans une unité de maintenance surtout dédiée au nettoyage, ne laissant derrière lui que sa dépouille et trouvant en échange refuge dans ce robot désormais inculpé pour son propre meurtre. Suzanne Jantille, sa femme paralysée depuis leur accident, s’occupe de sa défense via son corps artificiel contrôlé par la pensée.
Ce roman est une bonne illustration de la robotologie, rappelant tous les principes la constituant et s’insérant parfaitement, sous une forme de science fiction polar judiciaire, dans l’univers d’Isaac Asimov. Cette proximité entre les deux auteurs repose d’abord sur un humour très recherché et ensuite sur les questions philosophiques concernant la vie et la conscience, les rapports entre le corps, le cerveau, l’esprit et l’âme. La chronique judiciaire permet de montrer le statut des humains modifiés. Le procès doit faire jurisprudence, d’une importance capitale pour les enjeux sociétaux, les cyborgs étant souvent considérés comme des monstres, et pour donner un cadre bioéthique qui prend en compte la philosophie et l’ontologie. C’est une anticipation du moment où la morale doit rattraper la science, où l’immortalité est envisageable et où même l’homme peut créer un être pensant. C’est un bon aperçu des implications de la robotique, bien illustrées et expliquées, sans oublier les émotions et la psychologie, avec en complément un court texte d’Asimov sur les cyborgs.