
David Sarella est un assistant zoologue qui dérange et le voilà envoyé dans une base secrète pour étudier des animaux créés de toute pièce en vue d’une intégration dans un zoo. Il y découvre plutôt des humains modifiés génétiquement, qui ont évolué en développant différentes capacités défensives naturelles comme la sécrétion d’encre, de venin ou d’acide. L’un des collaborateurs de David a organisé un trafic d’encre à destination de salons de tatouage avec succès, les tatouages mobiles plaisent à la clientèle.
Avec une idée toute simple, Serge Brussolo l’approfondit grâce à son imagination puissante jusqu’à une angoisse métaphysique ; le mouvement des tatouages a-t-il un sens, est-il contrôlable ? Il questionne les notions de surface et d’opacité, de la contamination et de l’art, du morcellement de la réalité et de l’espèce humaine. Le fait de se trouver dans une base de recherche isolée et délaissée par l’administration renforce l’atmosphère irréelle, le sentiment d’urgence et de danger, de tension permanente, et la société se désagrège. David sera aidé par Lise, une tatoueuse affriolante, et Cazhel, un vieux policier sur le déclin, pour percer le mystère des hommes mutants. Plein d’obsessions, ce texte est possédé par l’entropie environnementale et paranoïaque à raison, une dystopie sombre dans un monde hostile, la marche absurde de l’univers jusqu’à l’horreur cosmique.