
Le point de départ du récit est l’arrivée d’extra-terrestres sur Terre, ou plutôt l’emblématique flotte de vaisseaux immenses qui stationne au-dessus des principales capitales. Et les êtres d’ailleurs ne se montrent pas, restent à distance mais finissent par communiquer via haut-parleur. Ils commencent par partager un savoir scientifique et veulent ensuite unifier la planète sous leur directive, mais les humains sont curieux et des humains sont méfiants. Cette espèce venue de l’espace s’approche de la perfection et se heurte aux réticences religieuses.
Cette situation d’action espionnage pour trouver la preuve des intentions de la dictature éclairée étrangère, sujet classique en science fiction, est traitée avec un humour intelligent et profond, en plus d’une ambition de cette histoire se jouant sur plusieurs générations. Mais la question centrale demeure l’évolution de l’espèce humaine et de sa culture, avec beaucoup de science et de philosophie, comme chez Isaac Asimov. L’unification de l’humanité a été forcée et avive les nationalismes, les régionalismes et l’utopisme auto-déterminé et nostalgique. Ce texte est une uchronie malicieuse écrite en 1954 dans laquelle la Guerre Froide et la course à la Lune sont interrompues. C’est un livre important, un condensé de la science fiction classique qui se préoccupe de l’élévation humaine par une maïeutique d’ampleur colossale. Le paradoxe entre collectivité et isolement est constitutif de ce progrès.