La dame de cuir – Michel Grimaud

Payan est un baroudeur galactique et décide de visiter Troay, une planète inculte, sauvage, où vivent les Cuirs, hominidés chasseurs cueilleurs. Il est accueilli dans une famille et tombe amoureux de Yull, femelle représentative de son espèce, joyeuse, curieuse et d’une candeur attendrissante, fascinante. Malgré leur langage poétique ils ignorent l’abstraction, leur vie est comme une œuvre d’art sans représentation entre plaisirs simples et liberté.
Tout l’intérêt se trouve dans l’étude ethnologique de ce peuple à la pensée structurée différemment, et le héros observateur est élément perturbateur, subjectif, désireux de les voir progresser tout en s’émerveillant de leur poésie naïve, qu’il décide de ramener sa compagne sur Terre. Elle est en quarantaine, prise pour un animal, et il y a l’amour, la mort, la souffrance et la culpabilité. C’est un conte sur la nature humaine, emblématique des années 80, comme Le chaînon manquant par Picha, avec sa mise en scène d’une préhistoire un peu loufoque et très créative, sombre et triste, pleine d’émotions. La structure narrative est judicieuse, les deux parties de l’histoire sont imbriquées, rendant implacable la chute des personnages. De ce texte jaillissent une grande beauté fragile, une dénonciation de la colonisation et des méandres administratifs d’une complexité destructrice de spontanéité.

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