
[23/12/24] Conrad Metcalf est un privé qui apprend le meurtre de son dernier employeur et le présumé coupable lui rend visite pour solliciter son aide.
Ce mélange de polar noir et de science fiction s’appuie sur une société dystopique contrôlée par une Inquisition policière et un usage généralisé de cocktails de drogues. Dans une ambiance surréaliste et glauque, la réalité distordue nimbe les zones d’ombre d’une enquête plutôt classique mais habitée par des personnages patibulaires, un anti-héros rudement malmené, des animaux évolués qui parlent et des bébétêtes, enfants au développement mental accéléré. Le récit acquiert son efficacité par le foisonnement de bonnes idées et une simplicité qui permet d’atteindre une grande densité dans la narration. Un humour désabusé est omniprésent, jouant avec les codes, n’hésitant pas à faire de son détective un eunuque, contrariant toute tentative d’érotisme. Cette affaire de corruption et de contrôle des masses exprime une lutte contre l’entropie et l’oubli, la nature humaine est exposée, les animaux adoptent l’anthropomorphisme et les bébétêtes sont cyniques, comme si cette condition était enviable dans la mort de l’idéalisme. L’atmosphère du roman est sombre, un modèle du genre avec sa couverture idoine de Michael Koelsch et la citation de Raymond Chandler en incipit, une plongée dérangeante dans une réalité dévorée par la déliquescence qui accouche de personnalités plombées par leur égo, coincées dans la marche inexorable d’un monde mû par l’injustice.
[05/09/22] Conrad Metcalf est un détective privé poussé à enquêter sur le meurtre d’un riche médecin qui l’a engagé deux semaines plus tôt pour prendre sa femme en filature. Toute la société est inondée par les drogues, les flics sont chatouilleux et cachent manifestement quelque chose, et des animaux améliorés se comportent comme des humains. Il doit donc défricher cette sale affaire, composant avec des personnages hallucinés, comme sortis de Qui veut la peau de Roger Rabbit de Robert Zemeckis dans son côté glauque.
Beaucoup plus que de la science fiction, c’est un polar noir rugueux avec des gnons et de la gouaille, faisant tout de suite penser à Philip K. Dick, un délirium des années 50 dans une nasse de malfrats. L’ambiance folle emballe une action ponctuée de pertes de conscience et de rebondissements. Le contexte n’est pas vraiment futuriste mais sonne plutôt comme un cauchemar, un monde alternatif restreint, une atmosphère paranoïaque emplie de bonnes idées et d’une folie réjouissante.