Trois oboles pour Charon – Franck Ferric

Un homme se réveille sur un champs de bataille, la douleur et le froid, la claustrophobie et l’amnésie. Il est plus qu’un homme, il change d’époque, étreint par sa confusion et son instinct de survie, et après chaque épisode cruel il ne peut pas s’acquitter du prix de la traversée du fleuve des morts auprès du nocher infernal, malgré la pièce d’or incrustée dans son orbite gauche.
Et il se réveille au milieu de la bataille, s’enfuit et rumine dans une situation inextricable entre les dieux et les hommes, une malédiction qui dissout sa mémoire et le jette au sein des guerres. Le contact avec les hommes ne lui cause que des ennuis, ce qui engendre des aventures de fantasy sombre et violente, d’une poésie torturée et d’une force brute. Le questionnement est surtout théologique, les dieux sont inaccessibles ou semblent se jouer de lui, et la religion engendre les guerres. Sa vie présente est surtout remplie de douleur, dans son exil permanent sans raison apparente, aux multiples épreuves comme inévitables pour cet épouvantail malmené, marionnette aveuglée dans un théâtre mythologique.
C’est un livre palpitant et poétique, profond, comme une tombe renfermant une étincelle de vie, varié comme un cauchemar sans cesse réinventé pour un héros qui en devient attachant, dans la vacuité d’un égocentrisme délirant, d’une guerre intrinsèque et cyclique.

Laisser un commentaire