
Au travers de ces nouvelles satyriques Dmitry Glukhovsky ridiculise et dénonce les difficultés de la vie en Russie. L’avidité étatique pour le sous-sol occasionne le contrôle de la recherche géologique en faveur de cette énergie venue de l’enfer, gaz ou pétrole, et au détriment des sciences. Il y a aussi le sempiternel problème du travail forcé des étrangers pour amasser des fortunes, et à l’opposé les nouveaux riches qui se vautrent dans la futilité. L’art est contrôlé avec censure et pression sur la création, toute opposition est supprimée, la télévision est vitale pour l’endoctrinement.
Le propos est d’abord très réaliste, montrant les dérives de tout régime totalitaire par des trajectoires personnelles tiraillées. La science fiction et le fantastique ne sont là que pour révéler l’absurdité de la situation politique, économique et sociale, dans une projection sarcastique d’un système incapable de gérer la corruption, l’alcoolisme et la nostalgie d’une machine malade qui malaxe le mental. Ce mélange journalistique et décalé peut faire penser à la science fiction française des années 70, engagée et caustique.