Les plus qu’humains – Theodore Sturgeon

Un groupe d’enfants aux dons parapsychiques et à la vie cruelle se constitue par nécessité. Ils forment une entité, l’Un et le Multiple, dans une émulation constituante et rassurante. Chaque enfant s’est développé face au monde violent des humains et malgré le manque d’éducation ils ont une vie intérieure intense et perturbante. Le désir de faire perdurer et croitre cette symbiose se confronte à leur inadaptabilité à la société humaine. Leurs pouvoirs bruts et le rejet qu’ils inspirent par leur différence en fait une sorte de X-Men crasseux et criminels dont la finalité est délirante ; l’avènement d’un être supérieur, sommet de l’évolution de l’espèce.
Cette science fiction a un côté fantastique très prononcé, similaire aux premières nouvelles de Richard Matheson et proche de Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes. C’est l’histoire d’une enfance tordue, d’une solitude essentielle car elle habite chacune des parties comme elle est destinée à l’unité, l’alliage qu’elles composent. Mais c’est aussi un apprentissage de la vie en commun, de la communication par les sens communs et de la maitrise de soi. C’est un texte morcelé, paradoxal, sur la fragilité du psychisme et de la mémoire pour donner du sens. C’est une déconstruction psychanalytique des conditions pour passer à l’humanité augmentée.

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