
L’obtention du prix Masterton est un bon argument pour susciter la curiosité à propos de ce livre, et l’éditeur ne s’en prive pas. Une journaliste boucle son enquête sur les croyances ésotériques et ses sectes farfelues. Le dernier illuminé qu’elle rencontre lui révèle une prophétie l’incluant pour combattre le démon originel, le destructeur de mondes. Une série de massacres et de suicides collectifs ritualisés annoncent l’arrivée de l’apocalypse.
Manifestement écrite pour l’an 2000, l’histoire débute dans un style horreur fantastique assez classique de cette période, avec sa prophétie millénariste et son livre maudit engageant un principe du mal abstrait et grandiloquent en une sorte de mélange entre Lovecraft et Clive Barker. Ensuite le récit se base sur une extension de la destruction par la technologie et l’univers d’une réalité virtuelle satanique faisant penser au film Le cobaye par Brett Leonard. Ce livre a vraiment le goût du début des années 2000 avec les balbutiements d’internet et de la réalité virtuelle, dans un contexte techniquement réaliste, prédisant logiquement son évolution à l’échelle de la planète. Derrière les références bibliques permanentes apparait une entité qui voyage entre les dimensions dans une aventure aux échos cyberpunk et fantasy.