
Tout ce livre repose sur les personnages qui se débattent dans un épais courant d’entropie et sur l’ambiance d’une brutalité crue et d’une désillusion malade. Dunkey a fui son passé pour devenir employé d’un parc animalier en Afrique, univers clos où règne la folie. Des animaux insensés provoquent un carnage et l’antihéros parvient à en réchapper. Linder a fui son passé en devenant shooter, une tueuse de criminels, et elle se trouve sur la trace d’un serial killer atypique qui retire le nez de ses victimes. La mort est omniprésente, l’odeur est insoutenable, l’homme est du bétail dégénéré sans horizon dans un monde crasse et amoral, parangon de la déliquescence.
Ce polar dystopique et fantastique d’une noirceur totale est mûr comme un chancre dont les humeurs sont un passé cruel et un avenir inexistant. Le récit peut sembler confus mais une unité visqueuse préside à ces trajectoires maudites pour en faire une expérience extrême, avec pour seule lumière la mort.