La glace et le sel – José Luis Zarate

Ce qui apparait au premier abord comme les élucubrations d’un marin libidineux au cerveau détruit par l’alcool est en fait le témoignage d’une perdition pleine de poésie élémentale et de sensations métaphysiques, de sentiments funèbres. C’est un récit de fantastique noir, et avant tout un recueil de poésie puissante et mesmérisante, qui explore le mythe du vampire dans la droite lignée de Carmilla par Sheridan Le Fanu, et l’épisode fondateur du transport de la terre investie de la Wallachie à l’Angleterre du Dracula de Bram Stoker.
La tension sexuelle, carnivore, est la base du vampirisme dans sa soif de principe vital, de fluide, et ce besoin est amoral. José Luis Zarate touche à la quintessence du vampirisme, présence diffuse et avide, déterminée et insidieuse, jusque dans les rêves et les perceptions. Il y a des images fortes, comme celle du véhicule, du corps qui grouille de mouvement, des corps qui s’interpénètrent, du navire infesté qui grince dans son sursis. L’origine du vampirisme, résurgence du romantisme anglais, est transgression, une amoralité inhumaine qui choque, un besoin qui transcende les plans de l’existence.

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