La Horde du Contrevent – Alain Damasio

L’idée à la base de ce roman post-apocalyptique est à la fois brutale et poétique. On y trouve la lutte pour la survie et la recherche de la cohésion humaine pour avancer. La qualité incroyable de l’écriture est enrichie par des trouvailles conceptuelles ; les passages graphiques de l’impression à base de lettres ou de symboles, le décompte des pages… La classification météorologique des phénomènes à partir de glyphes est très poétique et cohérente. L’immersion est aisée et complète grâce au talent de l’auteur pour faire vivre ce groupe crépitant de hargne. Il se réapproprie la science et l’art (météorologie, navigation, fauconnerie, escalade…) et les reconstruit dans ce contexte particulier.
On reconnait tout de suite son style magnifique et intense, plus métaphysique que dans son premier livre. Il introduit avec malice des éléments de fantasy ; le personnage est la Horde (chaque individu la constituant est spécialisé, l’utilisation de chants magiques…) dans cette quête initiatique. Les ressemblances avec La zone du dehors sont flagrantes mais ici il en fait encore plus avec un génie qui donne le tournis.
Comme toujours, chaque phrase est ciselée, chaque mot et chaque lettre à sa place dans une synergie du fond et de la forme pleine de sens. Car cette avancée de l’espèce est une réponse au poids de la tradition, une recherche de la cause première, une révélation collective et personnelle. C’est un texte d’une profonde humanité, dégoutant de métaphysique, d’une beauté palpable et tourbillonnante, finalement un hymne à l’adaptation.

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