
Les relations entre homme et machine, créateur et créature, sont au centre de ce roman post-apocalyptique, désabusé, d’une poésie métaphysique, dans une échappée vitale. La vie et la mort se côtoient dans cette mythologie de l’automate, avec des questionnements sur le corps et l’esprit, la mémoire, la liberté, la déliquescence et l’évolution entropique. La création d’un être, véhicule à l’image de ses créateurs, siège d’un esprit sauvage, est un art consumé, troublé par la rouille et l’oubli. Avec son action violente, intense et syncopée, cette langueur mouillée et une dureté implacable, le récit fait penser un peu à Blade Runner dans ses enjeux et sa course vers la vie et la liberté inscrite tout au fond.
L’écriture de Justine Niogret est superbe, alternant des phrases courtes et des descriptions raffinées où chaque mot est pensé, choisi avec une exigence magnifique, apportant une puissance qu’on ressent physiquement. Cette vision de la robotique et de l’humanité face à face est intense, indispensable.