Plaques Chauffantes – Nécrorian

Deux flics enquêtent sur un meurtre ignoble dans la capitale d’une France devenue une dictature militaire. La situation est cauchemardesque et l’auteur dépeint une société animale, hiérarchisée mais permettant les pires débordements, dans une proche anticipation jusqu’au-boutiste et tellement pessimiste. En face il y a une résistance terroriste et au milieu des meurtres en série (ce qui rappelle le traitement de ce genre de cas par le régime nazi). La gravité de cette satire est atténuée par l’outrance des situations et l’humour noir même pas marrant. Et ça fonctionne : on peut lire ce texte comme un délire jubilatoire, glauque et ultra violent, ou comme un avertissement plein de sarcasme pointant le présent et l’irrémédiable propension de l’histoire à se répéter. Mais, oui c’est avant tout un polar à la Dobermann, qui ne renie pas son attachement lointain à la collection Gore chez Fleuve Noir, avec pas mal de pages en plus, ce qui permet d’allonger la structure du récit et surtout de bien développer les différents personnages.
Les conséquences de la misogynie et du racisme d’État sont au centre du texte en bousculant les bienséances et quelques tabous. C’est très bien ficelé, comme un saucisson, et Nécrorian découpe toutes ces idées débiles de société ou de civilisation.

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