
Les premières nouvelles de Richard Matheson sont diverses, allant du texte réaliste classique avec un côté psychologique prononcé, à de la science fiction inventive et solide traitant des thèmes incontournables de cette époque (extra-terrestres, voyages spatiaux ou dans le temps, télépathie, guerres et omniprésence militaire). Mais ce qui caractérise tous ces textes est une angoisse profonde, une inquiétante étrangeté qui plane. Pas étonnant qu’il ait écrit pour La quatrième dimension ; ses personnages sont habités par une peur enfantine de l’abandon, et de la sexualité, impuissants dans un monde qui change, avec la menace permanente d’un effondrement de la société et la disparition d’une façon de vivre. Cet ensemble est symptomatique de l’après-guerre rongé par les doutes.
Pas étonnant non plus qu’il ait influencé Stephen King, il est très doué dans l’exercice des nouvelles. L’humour est présent, un peu bizarre et assez sérieux, ça conforte l’ambiance. Force est de constater que la comparaison avec Philip K. Dick est pertinente…