
Philip K. Dick aime déployer une ambiance paranoïaque et un contexte politique chargé. C’est une uchronie post-apocalyptique dans laquelle s’imbriquent, autour d’un homme banal, la destinée d’un homme tronc doté de pouvoirs psychiques, d’un scientifique très perturbé, d’un pionnier de la colonisation de Mars bloqué autour de la Terre, et d’autres rôles comme une fille qui porte en elle son frère jumeau.
Après la destruction, la société se reconstruit et des luttes d’influence apparaissent dans un contexte catastrophique avec ses craintes et ses mutations. Bien sûr il critique toute dictature et dénonce la mégalomanie, la peur et l’intolérance. Tout pouvoir cherche à se conserver, par les médias, la religion des héros. C’est un texte sur la manipulation, teinté de des tensions autour du nucléaire militaire et ses conséquence réalisées dans l’évolution, les modifications physiques et psychiques. Il y a un jeu de stratégie entre les protagonistes pour s’imposer, ou pour survivre, pour se libérer ou pour vivre bien, comme avant.
Les personnages sont savoureux, dans ce rythme si particulier, similaire à celui d’un roman policier, entre pathologies psychiatriques et exubérance ironique des situations. C’est une fête foraine mystique, avec sa magie et sa langueur, comme dans une bulle temporelle.